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Critique : "Tueurs" de François Troukens

Dans les premières minutes de Tueurs, le premier film de François Troukens et Jean-François Hensgens, de fausses images d’archives se succèdent : braquage d’un supermarché, meurtre de personnes innocentes, possibles conspirations politiques, et un groupe d’assassins masqués que les médias surnomment « Les Tireurs Fous ». Le nom a beau être différent, la référence sera claire pour la plupart des spectateurs belges  : il est question, en filigranes, des fameuses tueries du Brabant qui avaient défrayé la chronique entre 1982 et 1985, et ont marqué en profondeur l’inconscient collectif belge. Il était inévitable qu’elles finissent par nourrir l’imaginaire de son cinéma.

Si Tueurs s’inspire fortement des tueurs du Brabant, c’est surtout dans la manière dont ce passé sanglant affecte le présent. Nous suivons, au cours des 90 minutes qui composent le film, une poignée de personnages impliqués souvent malgré eux dans une affaire vieille de 30 ans. En première ligne, Frank (Olivier Gourmet), braqueur de banque qui, après avoir réalisé le casse qui devait lui assurer une retraite tranquille, se retrouve accusé de meurtres dont il n’est pas l’auteur, et doit fuir des policiers persuadés de sa culpabilité. Alors que ces derniers sont à ses trousses, il apparaît progressivement que le piège dont Frank est la victime n’est qu’une partie d’une plus large conspiration.

Tueurs ne doit pas être approché comme une fiction réaliste, et ce ne serait d’ailleurs pas lui rendre service que de le juger pour sa vraisemblance. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il est dépourvu d’une certaine justesse. Jean-François Troukens, co-réalisateur et scénariste du long-métrage, s’est inspiré non seulement de quelques faits réels, mais aussi de son propre vécu pour faire son film. Ancien braqueur ayant purgé plusieurs années en prison, il utilise désormais son expertise criminelle à des fins plus... culturelles. Tueurs évolue ainsi par petites touches d’authenticité - la vie derrière les barreaux, le machisme ambiant du grand banditisme - et stratégies narratives de thriller plus classiques. Historiquement et géographiquement, le film s’ancre dans un cadre belge reconnaissable (le Palais de justice de Bruxelles fait notamment quelques apparitions), mais il lorgne également du côté de l’efficacité des films de genre américains, jouant souvent sur des retournements de situations et de séquences impressionnantes pour maintenir l’intérêt de son spectateur en éveil.

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